Le rôle du conciliateur fiscal dans le recouvrement de l’impôt : Article 1717

Le conciliateur fiscal est un acteur clé dans la résolution des litiges fiscaux. À travers l’article 1717 du Code général des impôts (CGI), découvrons le rôle essentiel de cette figure méconnue en matière de recouvrement de l’impôt.

Première partie : Le cadre législatif et institutionnel

L’Article 1717 du Code général des impôts (CGI) met en place un dispositif de conciliation fiscale permettant aux contribuables de solliciter une médiation en cas de désaccord avec l’administration fiscale. Le conciliateur fiscal intervient ainsi pour faciliter le dialogue entre les parties et trouver une solution amiable, dans le respect des droits et obligations de chacun.

Ce dispositif est complété par d’autres textes législatifs et réglementaires, tels que la loi de finances rectificative pour 2012, qui prévoit notamment la possibilité pour les contribuables de demander un sursis de paiement en attendant l’issue de la procédure amiable devant le conciliateur fiscal.

Le conciliateur fiscal est nommé au sein d’une commission départementale ou régionale, selon les cas. Il s’agit généralement d’un agent public appartenant à la Direction générale des finances publiques (DGFiP) ou d’une personnalité qualifiée extérieure, désignée en raison de son expertise en matière fiscale.

Deuxième partie : Le champ d’intervention du conciliateur fiscal

Le rôle du conciliateur fiscal est d’intervenir dans les litiges opposant les contribuables à l’administration fiscale, portant sur des questions relatives au recouvrement de l’impôt. Il peut ainsi être saisi en cas de contestation concernant :

  • la régularité de la procédure de recouvrement (avis à tiers détenteur, saisie-attribution, etc.) ;
  • le montant des pénalités et majorations appliquées ;
  • la durée et la modalité des délais de grâce accordés pour le paiement des impositions ;
  • les conditions d’octroi d’un sursis de paiement.
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Toutefois, le conciliateur fiscal n’est pas compétent pour statuer sur les questions liées à l’assiette et au calcul de l’impôt, qui relèvent du contentieux fiscal proprement dit. De même, il ne peut intervenir dans les affaires concernant la fraude fiscale ou le blanchiment d’argent.

Troisième partie : Les moyens d’action du conciliateur fiscal

Pour mener à bien sa mission, le conciliateur fiscal dispose de plusieurs moyens d’action. Tout d’abord, il a un pouvoir d’instruction lui permettant de demander aux parties toutes les informations nécessaires pour comprendre les enjeux du litige et proposer une solution amiable. Il peut également solliciter l’avis d’experts et consulter les documents administratifs relatifs à l’affaire.

Le conciliateur fiscal a ensuite un pouvoir de proposition : après avoir analysé les éléments du dossier, il formule une proposition de règlement amiable qu’il soumet aux parties. Cette proposition est fondée sur le respect des principes d’équité, de proportionnalité et de sécurité juridique.

Enfin, si la proposition du conciliateur fiscal est acceptée par les deux parties, elle devient alors une décision exécutoire qui met fin au litige. En revanche, en cas de désaccord persistant, le contribuable conserve la possibilité de saisir le juge administratif pour trancher le contentieux.

Quatrième partie : Les avantages de la conciliation fiscale

Le recours à un conciliateur fiscal présente plusieurs avantages pour les contribuables :

  • il permet d’éviter les coûts et les délais liés à une procédure judiciaire ;
  • il favorise le dialogue et la bonne compréhension entre les parties ;
  • il offre une solution adaptée et personnalisée aux spécificités de chaque litige ;
  • il contribue à renforcer la confiance des citoyens dans l’action de l’administration fiscale.
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Ainsi, l’article 1717 du Code général des impôts témoigne d’une volonté de moderniser et d’humaniser le recouvrement de l’impôt en instaurant un dispositif de médiation accessible, efficace et équitable.

En conclusion, le rôle du conciliateur fiscal est essentiel pour faciliter le recouvrement de l’impôt en cas de litige entre les contribuables et l’administration fiscale. Grâce à ses pouvoirs d’instruction, de proposition et d’exécution, il permet de trouver des solutions amiables respectueuses des droits et obligations de chacun, tout en renforçant la confiance dans l’action publique.